
(extrait des fragments 19880309 et 19880316 initialement écrits respectivement dans un hotel de Redon et dans un bar de Pleurtuit)
La conception d'univers de synthèse à l'aide des différentes techniques dont disposent aujourd'hui les sciences spéculatives et mentaliques - du moins celles qui pour l'heure sont opérationnelles - ouvre dès à présent l' accès au plus formidable champ d'expérimentations potentielles qu'ait jamais pu rêver aucun des groupes humains qui nous ont précédés dans l'histoire.
Cette opinion a été émise pour la première fois par l'un des plus puissants visionnaires qu'aie connu la fin du XXème siècle de l'ère chrétienne, le maître américain Horselover K. Fat. L'essentiel de sa doctrine - au sens de corpus gnostique structuré non clos - fut élaborée en fait, précisément durant la période temporelle allant du mois de mars 1963 au mois d'août 1975 (selon la Chronologie Chrétienne Centrale), ses publications ultérieures n'étant, il le reconnaissait lui-même volontier, que des remaniements mineurs, utiles à l'exégèse de sa pensée, mais en fin de compte marginales dans son oeuvre.
Mon propos, ce soir n'est bien entendu pas de répertorier et moins encore d'analyser les thèmes qui parcourent intensément cette oeuvre magistrale, mais plutôt d'essayer d'attirer l'attention sur quelques points précis de cette "théorie métathéorique" puisqu'en fin de compte c'est effectivement sous cette désignation qu'elle est venue à la connaissance du grand public.
J'ai retenu trois de ces points d'intétêt particuliers :
1) L'aspect interprétatif : la possibilité, offerte dans le cadre de cette "new theory" de voir dans l'histoire évolutive de l'encéphale chez les primates supérieurs, du tertiaire jusqu'à notre ère anthropique présente, comme une tentative pulsionnelle (au sens des psychanalystes) de l'univers pour s'auto-re-produire ;
2) L'approche gnostique/historique : ce n'est pas verser dans l'européocentrisme effréné ni le judéochristianisme bien pensant que de déclarer que le destin de notre monde actuel/potentiel est indissolublement lié aux modes de pensée et d'analyse issus des peuples et territoires méditerranéo-celtiques. assurément, il est vrai, le devenir de ces "Weltanschauungen" n'est plus à l'échelle locale mais dépasse et transcende les frontières historico-ethniques. Chez Fat, le jeu des "miroirs étrangers" qui renvoient (déformés) les images de notre monde techno-structuré, ainsi que les extrapolations sociotemporelles floues et mouvantes visent toujours à une prise de conscience d'une réalité plus profonde chez l'adepte/lecteur ;
3) La vision métaphorique/critique : les thèmes de son oeuvre sont, sans exception ceux des grandes questions existentielles et intemporelles reformulées par son génie et les apports spécifiques à notre temps, mouvance généralisante/relativisante, totalitaire et libertaire. Dans cette optique, son écriture peut être lue comme un essai métaphorique cherchant à intégrer les bouleversements sociétaux, les percées technico- scientifiques et les réveils récents du mysticisme militant, dans une vision globale polycentrée.
Globalité et polycentrisme, on peut sans risque de se tromper, affirmer que des deux termes sont les clés majeures de l'oeuvre que nous scrutons ce soir. Il s'agit ici, soyons-y attentifs, de définir les termes et les modalités du rapport qu'entretiendront dans l'avenir ces deux pôles-attracteurs que sont les approches globalisantes et les cheminements polycentriques.
(fin de fragment)


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